En gros, cette idée se résume à observer les enfants âgés de 2 à 3 ans, de dresser le panel de leurs attitudes, leurs comportements, leurs réactions, leur environnement familial, social, économique et divers éléments qui les touchent, en analysant les troubles du comportement et les « potentiels » de délinquance future et en conséquence mettre en place des actions de prévention pour ces enfants. Cette idée avait été rejetée en 2005 face au tollé que cela soulevait.
Il va de soi bien sûr que pour un tel suivi de si grande envergure, l’utilisation de l’informatique est indispensable. Le fichage informatique, le panoptyque numérique est un des dadas de notre gouvernement, et de l’aspirant dictateur Sarkozy. Voici le fichage des nourrissons après celui des pervers, des condamnés, des suspects même innocentés par la suite et son fichage génétique qui n’a pas eu lieu à la guise de cet émule de Heydrich [1] Autant ficher les individus dès la plus petite enfance sans leur consentement comme cela à l’âge adulte, ils n’auront plus mot à dire. Comment faire passer la pilule de la délation juvénile ? En affirmant vouloir lutter contre la délinquance.
La répression, le contrôle des individus, le tout sécuritaire voilà la politique de l’UMP et des renégats du PS. C’est bon pour gagner les électeurs. On se souvient de la déclaration du matamore Nicolas Sarkozy lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, : il allait passer les banlieues au Karcher, débarrasser les banlieues de la racaille. Effet de manche pour attraper les gogos qui ont voté pour lui. L’enquête de Bockel révèlerait par exemple que l’autorité parentale est souvent remise en cause. Ceci n’est pas une première. Si on se penche un peu plus justement sur la cellule familiale, il se trouve que les délinquants se retrouvent dans une majorité de familles monoparentales en difficulté, suite à un divorce, séparation, décès. La délinquance n’est inscrite dans les gènes mais est un révélateur de l’état et des phénomènes de la société. En aucun cas cela ne justifie pas un fichage et « dépistage » chez les enfants de bas âge.
Étudier et ficher les enfants aussi jeune, c’est à glacer le sang. Pourquoi ne pas proposer par la suite un dépistage dès l’accouchement ? Pendant la grossesse ? Avant la conception ? Avant d’autoriser la conception ? L’eugénisme n’est pas si loin que ça.
Macabre comparaison, mais l’Europe a connu ce genre de dérives il y encore peu de temps...
