Les recommandations de la plupart des blogueurs sur les forums consacrés à la Thaïlande, évoque pour moi à cette légende allemande, reprise par les frères Grimm. C’est le rabâchage quasi systématique des circuits proposés les ground opérators* locaux et redistribués par tous les tours opérateurs du monde entier...
Sangklaburi, province de Kanchanaburi
Pour intéressantes que soient les destinations proposées par ces agences, elles n’en ont pas moins les caractéristiques des cafétérias en self-service :_ le nombre de plats proposés est restreint ;_ seules les préparations qui sont consommées en quantité demeurent proposées, ce qui conduit à une normalisation où seul le décorum est original (comme la mode) et fait la diversité ;_ le client y est traité avec un maximum de célérité : service rapide assuré gratuitement par le client et place au suivant ;_ c’est le prix qui est promu et vendu en priorité et non le produit ;_ le gogo attiré par la salade à un EUR se retrouve avec l’assiette de saumon fumé authentique et norvégien, anadromes spoliés d’élevage, nourris à la farine de poisson mélangée à du soja authentiquement pas transgénique et sa demie tranche de citron biologique et son soupçon de bifenthrine à ... 4,99 EUR.
Dans cette cafétéria thaïlandaise du tourisme de masse on retrouve les même poncifs sur les mêmes lieux, sur les même loisirs, sur les même monuments. Une ville comme Chiang Mai par exemple est devenu un Disneyland, la majorité des touristes, même ceux qui s’en défendent y tombe dans la consommation de masse ; visites de tribus aborigènes authentiques dans des villages authentiques avec des femmes girafes authentiques ; de parcs d’éléphants déguisés en Zidane patauds et en Joachim-Raphaël Boronali** ; des écoles de singes sortis en direct du film Le Grand Bleu*** qui pèchent les piécettes lancées par les gogos ; des articles artisanaux made in China, des plantations d’orchidées bazars de verroterie...
Mais la Thaïlande véritablement authentique, survit, pour quelques années encore, pour celui qui aime le hors piste, pour l’amoureux de la vraie diversité... Pour dix, cinq ans ou moins, la région de Kanchanaburi (comme d’autres en Isan, dans le Nord ou dans des iles épargnées devenues rarissimes****)
Je vous invite amis, à sortir des sentiers battus que construit la publicité mercantile des marcahnds d’illusion que répètent les perroquets de la mondialisation. Venez en Thaïlande et prenez le temps d’une véritable découverte que vous préfèrerez à la pacotille clinquante des marchands de tours à deux balles...
Cordialement
Pascal de Kanchanaburi
* Ce sont des sociétés qui fournissent des services à terre comme les visites guidées, les transferts de l’aéroport à l’hôtel, des limousines, des taxis, etc.)
** Boronali n’est autre que l’anagramme d’Aliboron, le nom donné à l’âne par Jean de La Fontaine. Dorgelès, en compagnie de deux amis, André Warnod et Jules Depaquit, avait attaché un pinceau à la queue de l’animal
*** Film dramatique franco-américano-italien de Luc Besson. Un peu connu du grand public qui mérite d’être mieux connu comme la ville de Chiang Mai et ses boutiques locales indigènes : MacDo, Pizza Hut, Starbucks Coffee...
**** Koh Pha Gnang, une ile merveilleuse et sauvage il y a à peine dix ans est devenue l’ile des toutes les débauches, les alcooliques et les toxicomanes du monde entier s’y donnent rendez-vous. La célèbre Full Moon Party crée en 1988 pour un anniversaire copieusement arrosé entre copains sur la plage Rin Nok, a dégénéré en une monstrueuse opération commerciale qui réunit tous les mois entre 10.000 et 35.000 personnes. Plus des trois quarts sont des touristes assoiffés de buckets, petits seaux remplis d’un mélange d’alcool). Les autorités ont déclaré que seuls 0,3% de ces touristes ne finissent ivres morts, que 60% des hommes finissent leur soirée dans les bras d’une autre ivrogne, 25% de ces viandes saoules sont des putes thaïlandaises et 43% de ces putes sont en fait des kathoey… Ces mêmes autorités pour faire face aux problème de santé publique ont du mettre en place des service gigantesques. Koh Pha Gnang est devenue l’ile avec la plus grande densité d’hôpitaux de toute la Thaïlande. Un hôpital est installé sur la plage même de la Full Moon pour accueillir les amateurs de champignons, d’acides et autres ya bah (ยาบ้า drogue de la folie). 
L’enseigne d’un guinguette sur une plage à l’abri dans le nord de Koh Pha Ngan
Mais ce n’est pas fini : la popularité et la rentabilité de cette orgie collective on donné des idées aux investisseurs rapaces de la décadence. La Half Moon Party est organisée sur une autre plage. Et cerise sur le gâteau la Black Moon Party est partie à la conquête de la jungle.
Si vous voulez observer cette faune bigarrée abrutie, délirante d’alcool et d’ectasie, Faites y un saut : cette expérience d’entomologie sur les rives du Styx vaut le détour et surtout, pour très peu encore Koh Pha Ngan est une ile paradisiaque avec des plages de rêve à l’eau cristalline, avec une jungle naturelle où prolifèrent déjà les plantes envahissantes, les bananiers, les goyaviers, les manguiers. Une forêt primaire parcourue d’oiseaux, d’insectes, de mammifères. Très vite le non-respect de la nature fera disparaitre une faune fragile, comme dans la plupart des iles du golfe de Thaïlande. Adieu tortues aux œufs d’or, coraux chatoyants, plantes endémiques et fragiles...

Koh Pha Ngan le matin sur une plage non touristique en arrière-plan l’ilet de Koh Kong