Objurgation contre la tyrannie
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Mémoire d’anarchiste

La pendaison des anarchistes de Chicago

jeudi 11 novembre 2010, par Abirato

La France officielle entretien en ce jour et non sans nostalgie, le souvenir des barbaries guerrières de 14-18, nous, anarchistes, rappelons-nous et honorons la mémoire de nos compagnons de Chicago pendus sur l’autel du capitalisme.

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La pendaison des anarchistes de Chicago

Le 11 novembre 1887, à Chicago, à 11 h 30 dans la cour de la prison, exécution par pendaison des anarchistes August Spies, Albert Parsons, Adolph Fischer, George Engel (condamnés à mort le 20 août 1886 après la tragédie de Haymaket).
Louis Lingg s’est, quant à lui, suicidé la veille dans sa cellule. Samuel Fielden et Michael Schwab sont envoyés au bagne à perpétuité et Oscar Neebe est en prison pour quinze ans.
Principaux leaders du mouvement anarchiste et syndicaliste américain, ils sont les victimes innocentes de la répression dirigée par le patronat qui voulait briser le mouvement revendicatif que les anarchistes avaient fait naître le 1er mai 1886 autour de la revendication pour la journée des 8 heures.

Le 3 mai 1886, la police et les milices patronales tuèrent deux ouvriers grévistes, aux usines McCormick. Le 4 mai lors d’un meeting de protestation à Haymarket, une bombe est jetée sur la police qui chargeait la foule, un massacre s’ensuivit. Acte d’un exalté ou d’un provocateur de la police ou du patronat, le véritable auteur reste inconnu.
Ces tragiques événements sont à l’origine du Premier Mai [1], journée de lutte internationale.
Un immense cortège suivit les funérailles de ces militants, le 13 novembre.
Le 25 juin 1893, un gouverneur de l’Illinois, John Altgeld, démontrera l’innocence des accusés. Les morts seront alors réhabilités et Samuel Fielden, Michael Schwab et Oscar Neebe seront remis en liberté après sept ans de bagne.


August SPIES

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August SPIES
Militant et propagandiste anarchiste américain, un des martyrs d’Haymarket

Fils d’un employé forestier, il devient géomètre à 16 ans, et se déclare libre penseur à 17, mais après la mort de son père, il doit interrompre ses études. Il décide alors d’émigrer en Amérique. En 1872, il arrive à New York, où il travaille comme tapissier. Il se fixe ensuite à Chicago où il devient libraire. Il découvre alors les idées socialistes et adhère au « Parti ouvrier socialiste ». Ardent militant, il est candidat à la législature de 1879 et de 1881. En 1880, il est nommé administrateur du journal «  Chicagoer Arbeiter Zeitung  » (Le Quotidien du Travailleur, en langue allemande). En 1882, au Congrès des socialistes à Pittsburgh, influencé par Johann Most, il déclare que les travailleurs n’obtiendront jamais la reconnaissance de leurs droits par la voie des urnes, se considérant par là-même comme anarchiste.
En 1886, il prend part aux côtés d’Oscar Neebe, en tant que militant syndicaliste, orateur et propagandiste, au mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures qui aboutit à la grève du 1er mai 1886.
Le 3 mai, il est orateur au meeting des ouvriers du bois qui dégénère en émeute en raison de sa proximité avec les usines McCormick. Il rédige alors une affiche appelant à la « Vengeance  » qui sera lourde de conséquences. Orateur le 4 mai lors du tragique meeting à Haymarket, il échappe de peu à la balle d’un détective (balle que recevra son frère Henry). Arrêté le lendemain à la suite de ces événements, il sera condamné à mort le 20 août 1886.
Une jeune fille riche Nina Van Zandt, venue assister au procès, tombe amoureuse de lui et l’épouse par procuration (elle participera aux côtés de Lucy Parsons à la mobilisation et publiera l’autobiographie de Spies).
Victime de l’hystérie anti-anarchiste orchestrée par le patronat, il sera pendu avec trois de ses compagnons le 11 novembre 1887. «  Ma philosophie a toujours été que le but de la vie soit seulement l’épanouissement de l’individu, et l’application rationnelle de ce principe est la véritable moralité (...) L’anarchisme est le fil qui anime toutes les époques de l’évolution sociale et humaine ; c’est la lutte pour la souveraineté de l’individu »
Il sera réhabilité par la justice en 1893.


Albert Richard PARSONS

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Albert Richard PARSONS
Militant anti-esclavagiste, socialiste révolutionnaire puis

Militant anti-esclavagiste, socialiste révolutionnaire puis propagandiste anarchiste. Il est un des cinq « martyrs » d’Haymarket. Orphelin de sa mère à cinq ans, soldat à 16 ans dans la guerre civile coté sudiste. Il adhère par la suite aux idées des républicains radicaux anti-esclavagistes, et fonde un journal à Waco au Texas où il rencontre sa future compagne Lucy, mais les persécutions des négriers les poussent à quitter le Sud et à s’installer à Chicago en 1874.
Typographe au «  Chicago Times  » il adhère à l’union des typographes puis au « Parti Ouvrier Socialiste » et à « l’Ordre des chevaliers du travail ». Militant et orateur il participe de 1875 à 1886 à plus de mille meetings à travers les USA, pour soutenir les grèves ouvrières, pour la journée de huit heures où encore pour condamner le chômage qui sévit. Les autorités tentent de l’intimider, la police matraque et tire sur les grévistes (18 morts pour l’année 1877). En 1880, en désaccord avec son parti, il rejoint les groupes de socialistes révolutionnaires opposés à l’électoralisme.
En 1883, délégué au congrès de Pittsburgh, il adhère à l’A.I.T. et, influencé par les anarchistes lyonnais, il fonde avec cinq autres compagnons «  l’International Working People’s Association » (I.W.P.A) appelée aussi « Black International ». En 1884, il lance l’hebdomadaire anarchiste «  The Alarm  ». Le samedi 1er mai 1886 à Chicago, il participe à la grève générale et à la manifestation pour la journée de huit heures. Orateur le 4 mai du meeting tragique de Haymarket, il a déjà quitté le rassemblement lorsqu’éclate la bombe. Recherché (alors que sept de ses compagnons sont arrêtés) il se livre à la police au moment du procès pensant être rapidement disculpé. Rendu responsable de la tragédie, le procès qui se termine le 20 août 1886 le condamne à mort. Victime de la répression anti-anarchistes, et symbole de la barbarie capitaliste, il est pendu avec ses compagnons le 11 novembre 1887.
Il sera réhabilité par la justice en 1893.


Adolph FISCHER

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Adolph FISCHER
Militant et propagandiste anarchiste américain, un des martyrs d’Haymarket.

Il naît à Brême, Allemagne, en 1858. À 15 ans, il émigre aux États-Unis où il apprend le métier de typographe à Little Rock, puis à Saint-Louis. Il découvre très tôt les idées socialistes dont les écrits de Proudhon et milite dans le syndicat des typographes. Après Nashville, puis Cincinnati (où il adhère au Parti socialiste ouvrier) il se fixe ensuite à Chicago en 1883, et travaille comme chef typographe au journal « Arbeiter Zeitung ». Il milite alors au groupe du Nord-ouest de l’IWPA (International Working People’s Association). Co-éditeur avec George Engel du journal «  Der Anarchist  » publié à partir de janvier 1886, Fischer est aussi un orateur de talent, réputé pour sa douceur et sa détermination.
Après la grève du 1er mai 1886, des affrontements se produisent le 3 mai aux usines McCormik, deux ouvriers sont tués par la police. En réponse à ce massacre, il fait imprimer des affiches invitant le 4 mai à un meeting de protestations à Haymarket. L’affiche se termine par un appel aux travailleurs à venir armé (mais August Spies qui doit prendre la parole au meeting lui demande de retirer cette dernière phrase).
Il a déjà quitté le rassemblement lorsque explose la bombe et que la fusillade commence. Arrêté le lendemain avec ses compagnons de lutte, il est condamné à mort avec eux le 20 août 1886, et pendu ce 11 novembre 1886
Il sera réhabilité par la justice en 1893.


George ENGEL

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George ENGEL
Militant et propagandiste anarchiste américain, un des martyrs d’Haymarket.

Fils d’un pauvre ouvrier maçon, il est très jeune orphelin et commence à travailler comme apprenti peintre à 14 ans. Membre d’une guilde d’ouvriers itinérants, il parcourt le pays et l’Europe. En 1864, il s’engage pour combattre le Danemark, et reprend ensuite ses pérégrinations puis se fixe à Mecklenburg et se marie en 1868. Mais après une faillite, il émigre en Angleterre, où il reste un an avant de partir pour l’Amérique.
Il arrive à Philadelphie le 8 janvier 1873, mais attrape une maladie des yeux et doit être hospitalisé. Presque aveugle, il se fixe à Chicago en 1874, puis tient un magasin de tabac et de jouets. Il commence alors à s’intéresser aux idées socialistes et rejoint le « Socialist Labor Party », mais déçu par les politiciens, il se tourne vers l’anarchisme.
En 1883 il devient militant du groupe du nord-ouest de « l’International Working People’s Association  » (I.W.P.A.) et co-édite avec Adolph Fischer le journal anarchiste communiste «  Der Anachist  » à Chicago, en 1886. Mais après le tragique meeting de Haymarket (où il n’était pas présent) il est arrêté avec sept autres compagnons anarchistes et condamné à mort le 20 août 1886. Innocent des accusations dont on le charge, il est pourtant pendu le 11 novembre 1887.
Il sera réhabilité par la justice en 1893.

Notes

[1] À l’occasion du IVe congrès de l’American Federation of Labor qui se tient à Chicago en 1884, pour la pre­mière fois dans l’histoire du mouve­ment ouvrier est lancée l’idée d’organiser une manifestation un 1er mai afin d’aboutir à la journée de huit heures. Les congressistes de l’époque ambitionnent d’atteindre leur objectif le 1er mai 1886.

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