Objurgation contre la tyrannie
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Après la Libye et la Côte d’Ivoire

L’ONU va t’elle intervenir en Thaïlande ?

mardi 26 avril 2011, par Abirato

Combats entre la Thaïlande et le Cambodge
Les combats continuent [1]entre soldats thaïlandais et cambodgiens à proximité de deux temples situés à la frontière contestée entre les deux pays. Depuis vendredi 22 avril 2011, les affrontements ont fait douze morts.

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Preah Vihear - Guerre entre la Thaïlande et le Cambodge

La guerre entre les deux voisins a pour origine le temple de Preah Vihear [2]
En 2008 le classement par l’Unesco a mis de l’huile sur le feu des nationalistes thaïlandais.

Seulement voila, en1962, la Cour internationale de justice  [3] a attribué [4]ce temple au Cambodge mais les deux pays revendiquent une zone de 4,6 km2 en contrebas de l’édifice qui n’a pas été délimitée.
En février dernier, un cessez-le-feu a été négocié, à l’issue d’un conflit armé de quatre jours ayant fait 10 morts. Les deux belligérants ont accepté la présence d’observateurs indonésiens non armés sur le territoire au terme d’une médiation organisée par l’Association des nations d’Asie du sud-est (Asean). Mais l’accord n’a jamais été, l’armée thaïlandaise ayant refusé la présence de ces observateurs.
Depuis les combats de février 2011, le Cambodge réclame une médiation internationale, pour régler ce différend frontalier, mais le gouvernement de Bangkok, issu du coup d’État militaire de 2006 [5] ]], insiste pour des discussions bilatérales.

La dictature qui sévit en Thaïlande prétend résoudre le problème par la force. La communauté internationale, si présent là où il y a du pétrole, s’est prononcé en faveur du Cambodge. Les généraux s’en contrefichent.
Ce conflit tombe fort à propos en période électorale en Thaïlande pour raviver les tendance fascistes et nationalistes des partisans d’Abhisit. [6]. Après avoir provoqué la mort d’une centaines de Thaïlandais au printemps 2010, la marionnette des généraux, Abhisit, ne va pas manquer d’exalter les sentiments nationalistes de la population même si cela coutent encore des vies thaïlandaises (inutile de parler des barbares khmers ).

La Communauté internationale va-t-elle se prononcer, voire même intervenir militairement pour obliger les agresseurs qui violent le droit international ?
La réponse est connue : les dictateurs thaïlandais sont des amis des Américains, de Sarkozy et de Kouchner . Tout comme les autres amis de l’Occident mondialiste (Israël, l’Arabie Saoudite, le Bahreïn...) il ne seront ni inquiétés ni dénoncés. Le fils spirituel de Bush, Obama va demander aux belligérants de cesser de combattre en prenant soin de ranger agresseurs et victimes dans un même panier...
Le secrétaire général de l’ONU , Ban Ki-moon a appelé le Cambodge et la Thaïlande à un cessez-le-feu suite ces incidents entre les deux États. Ban Ki-moon « estime que le différend ne peut pas être résolu par des moyens militaires et appelle le Cambodge et la Thaïlande à entamer un dialogue sérieux pour trouver une solution durable » a déclaré le porte parole de l’ONU, Martin Nesirky. Pas un mot sur la décision de la cours de justice de La Haye...

« Le secrétaire général appelle les parties en conflit à exercer la plus grande retenue et à prendre des mesures pour mettre en place un cessez-le-feu effectif et vérifiable », a annoncé M.Nesirky.

Notes

[1] Ce mardi 26 avril 2011

[2] Il est connu sous le nom de Khao Phra Viharn en Thaïlande

[3] Le Statut de la Cour internationale de Justice est annexé à la Charte des Nations Unies, dont il fait partie intégrante. L’objet principal du Statut est d’organiser la composition et le fonctionnement de la Cour.
On peut y lire :
« que la Thaïlande est tenue de retirer tous les éléments de forces armées ou de police ou autres gardes ou gardiens qu’elle a installés dans le temple ou dans ses environs situés en territoire cambodgien ... »

[4] JUDGMENT OF 15 JUNE 1962 (pdf)=>http://www.icj-cij.org/docket/files...]

[5] Et suivi par le coup d’État soft de 2008.
Thaksin avait été élu en 2001, réélu triomphalement en 2005 et renversé par des généraux en 2006. Ses partisans ont été réélus malgré la nouvelle constitution imposée par les généraux dirigés par le général Prem président le Conseil du roi. Ce coup d’État « soft » les a écarté du pouvoir au profit des fascistes du PAD
Pour favoriser une victoire claire et nette du oui et ainsi légitimer sa nouvelle Constitution le gouvernement appointé par la junte s’était donné tous les moyens.
Plus de 30 millions de THB ont été dépensés pour payer des campagnes de publicité en faveur du oui dans les médias, pour distribuer 18 millions d’exemplaires de la constitution à couverture jaune, la couleur du roi, pour bien faire comprendre dans quel sens il fallait voter. La campagne a été rythmée par des meetings remplis de villageois à qui l’on offrait entre 100 et 300 THB, un repas, le transport gratuit pour assister au meeting, habillé de jaune encore une fois. Selon The Nation le général Sonthi aurait affirmé que « des officiers militaires ont été envoyé dans les campagnes afin de faire mieux comprendre aux gens ce que signifie la démocratie ».

Dans un discours public, le premier ministre désigné par la junte, Surayud Chulanont, a averti publiquement : « faire campagne pour le boycott ou pour le « non », pourrait être reconnu illégal quand la loi convoquant le référendum prendra effet ». Selon cette loi, user d’influence pour changer le résultat est illégal. « Toute personne qui organise des troubles, fait obstruction ou fait n’importe quoi susceptible de perturber le référendum » pourrait être condamné jusqu’à dix ans de prison, payer une amende pouvant atteindre 200.000 THB (4.400 EUR) et banni de la vie politique pendant 5 ans. Selon Asian Human Rights Commission, « il est clair que le principal objectif de cette loi est d’intimider et d’imposer le silence à toute personne qui ne partage pas les vues officielles ». Au niveau local, la propagande a été appuyée par toutes sortes d’intimidations et de coups de force de la police contre les militants du « non » : agressions physiques contre des portes paroles, saisie de matériel de campagne, emprisonnement de protestataires, menace contre certaine catégories comme les chauffeurs de taxi de Bangkok qui arboraient un autocollant précisant qu’ils conduisaient des clients mais pas la constitution (we drive customers, not the constitution)… Par contre, Sonthi Boonyaratklin, le chef de la junte au pouvoir et leader du coup d’État, a trouvé parfaitement justifié de demander à ses subordonnés de faire campagne en faveur du oui.

Bien entendu, la famille royale, qui avait endossé dès le lendemain le coup d’état militaire du 19 septembre 2006, a aussi donné un coup de pouce au vote en faveur du oui. Dans un discours à l’occasion de son 75e anniversaire, la reine Sirikit a demandé aux moines bouddhistes, qui organisaient une campagne de rejet de la constitution, de rester en dehors du débat politique. Cette campagne avait débuté à la suite du refus par « l’assemblée constituante » désignée (CDA) de donner au bouddhisme le statut de religion d’État. Il est vrai que la guerre civile dans l’extrême sud à majorité musulmane n’avait pas besoin de cette provocation supplémentaire.

Au delà, de ces manœuvres et intimidations le gouvernement a donné un signal autrement plus menaçant : le rejet de la constitution signifierait un report à l’année 2008 des élections générales promises par la junte dès son arrivée au pouvoir et prévues après l’anniversaire du Roi en décembre 2007. En d’autres termes, cela aurait signifié le maintien au pouvoir d’un gouvernement supervisé par la junte militaire. Deuxième menace encore plus préoccupante : En cas de majorité pour le « non », la junte militaire avait annoncé qu’elle s’arrogeait le droit de choisir l’une des dix-sept constitutions réactionnaires précédentes, de la modifier à sa convenance, et de la promulguer sans vote préalable !

Dans ces conditions, on comprendra que plus d’un électeur ayant envie de voter « non » y est réfléchi à deux fois. Quel était le pire : l’adoption d’une mauvaise constitution, mais dont on connaissait au moins le contenu, ou le saut dans l’inconnu en laissant une dizaine de généraux choisir la constitution ? Les dés étaient vraiment pipés. Et dire qu’officiellement, il s’agissait de rétablir la démocratie ! « La démocratie, quelle démocratie ? »
Voir à ce sujet, l’article de Danielle SABAI et Jean SANUK Dix-huitième Constitution approuvée ! Le Royaume de Thaïlande champion de la En démocratie ?
En 2008 les amis de Thaksin, ont remporté les élections. La Cours constitutionnelle, mise en place par le junte, dont les juges avaient été nommés par la junte, a inversé le résultat de ces élections populaire en 2008. (La même situation en Côte d’Ivoire a provoqué un tollé général dans les médias occidentaux et mondialistes... Étonnant ! Non !)

[6] Où tous les mauvais coup sont permis. Lire Le coup d’État permanent en Thaïlande

1 Message

  • L’ONU va t’elle intervenir en Thaïlande ? 11 mai 2011 06:06, par Angelo Michel

    « La guerre entre les deux voisins a pour origine le temple de Preah Vihear »
    C’est une vue simpliste ...
    L’origine du conflit vient de la démarcation de la frontière ...
    Le Cambodge était « sous contrôle » siamois lorsque le colonisateur français a débarqué dans la région et obligé le Siam à lui céder le Cambodge.
    Cette cession est matérialisée par des traités qui stipulent que la « ligne de partage des eaux » constitue la frontière (dans cette région) entre le Siam et l’Empire Français ...
    La France a ensuite tracé unilatéralement une frontière qui ne respecte pas le Traité qu’elle a signé.
    Le Cambodge est devenu « héritier » de l’Empire Français depuis son indépendance octroyée par la France de deGaulle.

    NB : Le Cambodge est actuellement gouverné depuis 25 ans par un ex-guerillero Khmer-Rouge qui s’appelle HunSen, le Ministre est Affaires Etrangères de son gouvernement a été accusé d’avoir été gardien-chef d’un « camp de la mort » Khmer-Rouge ...

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